Mon reflet dans le miroir n’est plus le miens…

 

Il y a six ans de cela, je marchais sur la rue Gamble avec un ami en direction du restaurant Mc Donald. Mon ami et moi venions de traverser la rue et à ce moment précis ma vie bascula. Une automobile me frappa et s’enfuit à toute vitesse et malheureusement personne aux alentours ne réussit à prendre en note le numéro de plaque d’immatriculation de l’automobile.

Selon les dires de mes proches, j’ai été transportée d’urgence à Montréal. J’ai donc été une semaine dans le coma et lors de mon réveil, j’ai souffert d’amnésie. La seule façon dont je pouvais communiquer était de serrer la main de mon père à chacune de ses demandes.

Après trois semaines à Montréal, j’ai été transférée à l’hôpital de Macamic où j’y suis restée pendant un mois et trois semaines. Les réactions de mon entourage sont passées d’un extrême à l’autre. J’ai une amie qui racontait que j’allais rester défigurée tandis qu’une de mes cousines voulait déménager à Macamic pour venir prendre soin de moi. Heureusement, j’ai pu compter sur le support constant de mon père et de mon frère.

Suite à cela, j’ai passé 2 ans au Centre de Réadaptation de Rouyn-Noranda où j’ai été prise en charge par l’équipe en neurotraumatologie. Mes rencontres avec la neuropsychologue m’ont aidée à gérer mes humeurs et les exercices de l’ergothérapeute et du physiothérapeute m’ont permis de réapprendre à marcher.

Malgré ma réadaptation, il me reste aujourd’hui des limitations auxquelles je devrai faire face tous les jours de ma vie car plus rien ne sera jamais pareil comme avant. Au niveau physique, je marche maintenant avec une canne puisque je perds facilement l’équilibre et c’est encore pire en terrain inégal, mon pied droit vire sans cesse de côté. Je suis facilement fatiguée et malgré ma prise de médicaments plusieurs fois par jour, je souffre de maux de tête. De plus, ma main droite est atrophiée, je n’ai plus la dextérité et la préhension que je possédais avant mon traumatisme cranio-cérébral.

Au niveau cognitif, j’éprouve des difficultés avec la transmission et l’enregistrement de l’information. Je n’arrive plus à me concentrer durant une longue période de temps. Puis, j’ai recommencé à la base de mon cheminement scolaire à l’école Élisabeth Bruyère et je me suis arrêtée au niveau du secondaire 3. Je suis fière de cette réussite car ma difficulté d’apprentissage ne me permettait pas d’accomplir cette réalisation selon plusieurs professionnels.

Au niveau affectif, je suis impulsive et j’ai de la difficulté avec la gestion de mes émotions. Parfois mes humeurs varient car il est difficile de gérer toutes mes incapacités en même temps. Je suis confrontée à différentes pertes dont celle d’avoir perdu plusieurs ami(e)s dont l’amitié du garçon qui était présent ce soir là.

Afin de m’aider à garder le moral, j’ai décidé de m’intégrer dans le bénévolat. Je m’implique au service de garde Le Prélude trois fois par semaine. Je suis des cours d’équitation thérapeutique au centre équestre « MALOLIE ». Je suis des cours d’anglais à chaque semaine. Je vais au gym une fois par semaine et je prends des marches. De plus, je prends soin de mon animal de compagnie et je participe aux activités organisées par le Pilier. De plus, je reçois de l’aide de plusieurs professionnels. Je rencontre l’intervenante du Pilier et un psychiatre afin de m’aider à m’adapter à ma nouvelle situation.

Pour terminer, j’aimerais dire aux personnes victimes d’un traumatisme cranio-cérébral de ne « pas lâcher », il suffit de s’occuper pour se changer les idées et ainsi, évoluer de jours en jours pour en arriver à améliorer notre qualité de vie.

Sincèrement
Natalie

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