La bouée qui m’a donné la force de garder ma tête hors de l’eau

 

Je suis l’une des cent personnes accidentées qui utilise les services de notre association. Des services qui permettent aux membres de retrouver notre identité, de se comprendre, de nous aider à cheminer, à trouver un sens dans notre vie pour arriver à un équilibre de bien-être personnel.

Suite à mon accident, qui a eu lieu en 2000, tous les morceaux de ma vie se sont éparpillés. Je n’arrivais plus à les assembler pour former un seul morceau. Mes douleurs constantes au dos, aux genoux me rendaient intolérant envers moi-même et envers mon entourage. Mes idées se déroulaient dans ma tête comme déroule un diaporama qui recommence sans cesse. Il était difficile de m’arrêter sur un sujet, de porter attention à la personne en face de moi, de me concentrer sur ce qu’elle disait et de demeurer centrer sur ce seul sujet. Mes pertes de mémoire à court terme, mon impulsivité et ma difficulté à contrôler mes émotions m’ont placé dans des situations fâcheuses plusieurs fois. Ajouter à ça, des problèmes d’organisation, de prise de décisions et une confiance en soi devenue pratiquement inexistante. L’emploi que j’aimais, que j’idéalisais, devait être maintenant chose du passé. Pour moi c’était inacceptable. Cet emploi était ma joie, ma valorisation, c’était moi.

Puis, ma vie de couple est devenue un fiasco pour finir par un divorce. Un divorce interminable et épouvantablement émotif pour moi. Voir mes propres enfants démolis dans ce genre de situation et avoir la garde de ceux-ci lorsque je ne savais même pas où je mettais les pieds, pire encore, je ne me reconnaissais même plus, je sentais une lourdeur sur mes épaules parfois intense par période. J’avais l’impression de ne plus servir à rien, d’être inutile pour tout le monde autour de moi. J’avais besoin d’aide, besoin de sortir ma tête de l’eau et de trouver des moyens pour la garder sortie.

Puis, l’on m’a parlé du Pilier, ATCAT, je m’y suis rendu malgré la grande peur qui m’habitait d’être confronté à moi-même puis avec le temps je me suis dit que je n’avais rien à perdre…

Enfin, j’avais trouvé la bouée qui a su me donner la force de tenir ma tête hors de l’eau et de m’aider à commencer à assembler les morceaux de ma vie (mon gros casse-tête).

Par leur accueil chaleureux, leur sourire, leur bonne humeur. J’ai retrouvé petit à petit « mon sourire ».
Le support, le respect, l’écoute attentive de l’intervenante lors des rencontres individuelles, m’ont permis de voir toutes les possibilités qui s’ouvraient à moi pour faire face à mes problèmes. Je pouvais me confier en toute confiance et sans ressentir aucun jugement. Tout au long de mon cheminement, je me suis senti valorisé, compris, j’étais quelqu’un d’important. J’ai repris goût au plaisir, « à la vie ».
J’y ai trouvé des outils à mettre dans mon coffre pour prendre des décisions plus facilement, pour augmenter mon estime de moi, ma confiance en moi, pour maintenir un budget équilibré, pour m’aider dans mes relations familiales, amicales et amoureuses.


Ce que j’aime bien, c’est qu’encore, aujourd’hui, j’utilise toujours ces outils précieux pour continuer mon cheminement.

Par le biais des activités, j’ai brisé ma solitude, je me sens libéré, je me permets de lâcher prise sur mes bobos et de m’amuser, de faire de belles rencontres et de créer des liens. Je participe aux cafés rencontres car les sujets me font réfléchir. Ce sont des moments particuliers et parfois intenses. Les prises de conscience sont fréquentes. Le fait de partager notre vécu avec des gens simple et comme nous, ça nous permet de se recentrer sur nous, sur nos valeurs. Les échanges entre nous sont agréables et nous aident à trouver des solutions.

Pendant la période de mon divorce, j’ai été soutenu et l’on m’a référé en psychologie, à un sexologue et au CLSC pour le soutien à mes enfants. On a su me diriger vers les bonnes ressources pour m’aider davantage.

Je continue encore à recevoir des services de cette association car il m’arrive encore d’avoir des moments difficiles et je veux continuer mon cheminement. Avoir un traumatisme crânien c’est une adaptation à long terme. Le personnel de cette ressource me laisse grandir encore plus dans mon implication bénévole sur différents comités. Ils me font confiance. J’ai l’impression de faire partie intégrale de l’équipe, d’une famille.

Merci à vous toutes et tous

Marc Thibault

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